Bouge de là

Maintenant que me voici (presque) de retour parmi les personnes valides et bien portantes, je mesure le gouffre qui sépare les gens qui bougent de ceux qui ne bougent pas. 

Il est là, le problème: soit tu es ultratrailer, soit tu as fusionné avec ton canapé. Je caricature? À peine, si je passe en revue mon entourage, mes collègues, connaissances et familles : à ma gauche, les sportifs et sportives de haut niveau, les rapides, les triathlètes, les adeptes des longues distances et ceux qui trouvent que 3'500 m de déniv' pour une sortie à vélo, c'est juste-juste. À ma droite, l’œil goguenard de mon pote Nico qui a un frigo entier rien que pour les bières et pour qui courir 30' c'est s'infliger une torture atroce.

Et au milieu, il y a moi, qui continue de réapprendre à mes membres à se coordonner et à se renforcer. Même si j'évite de me comparer aux uns ("quels athlètes, je n'y arriverai jamais!") et aux autres ("tout ce sport que je fais! Suis-je normale?"), j'aimerais juste trouver une personne d'accord de faire, disons, une balade avec moi.

"Une balade? D'accord pour un 4000!", me répondent les uns. "OK pour prendre l'air 15 minutes et après on va boire un chocolat chaud", déclarent les autres. Et les sédentaires d'enchaîner: "Mais t'es bien sûre que c'est raisonnable de rentrer du boulot à vélo, avec ta cheville?" Justement, elle est réparée, ma cheville. "Et ça te dirait de faire ce trail de 52 km en relai avec moi? C'est dans 2 semaines, tu as le temps de t'entraîner!" Euh... oui mais non.

Ma balade a duré 2 heures 30, par monts et par vaux, dans la forêt et la campagne près de chez moi. J'y suis donc allée seule, je n'ai pas trouvé le moindre champignon mais les dernières mûres, oublié de faire des photos, profité de l'instant et j'ai eu un plaisir fou. Et il me restait même un peu d'énergie pour un chouïa de gainage.

Commentaires

  1. Je comprend tout à fait ce que tu veux dire. Pour moi c'est pareil, cela fait 5 ans que je cours. J'ai tjs du mal à faire moins d'une heure pour 10 km. Pourtant j'ai suivi des plans. Mes collègues ironman-eur me disent : tu verras tu feras un marathon, je le sais. Ben moi j'en sais rien. Je ne suis même pas convaincue que je le souhaite. J'aime prendre du plaisir. Que ce soit en course ou durant les entraînements... d'ailleurs je vois plus cela comme des sorties et non des entraînements...dur de faire comprendre cet état d'esprit aux non sportifs et au sportifs de l'extrême. Pourtant j'ai des projets, mais je me laisse tjs le temps de les accomplir et ce avec le sourire et à ma manière. Même si je met plus de temps que les autres (J'ai fais mon 1er semi cette année au bout de 4 ans de pratique).

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    1. Bravo! C'est génial d'écouter tes envies et de te laisser le temps. C'est peut-être ça, le vrai luxe!
      Merci de ton témoignage.

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