Vocation:meneuse d'allure?

C'est arrivé par hasard: j'ai mené l'allure pour une amie. Et j'ai réalisé que j'adorais ça: faire le métronome, encourager, mettre l'ambiance. Outre la joie de me promener dans de beaux paysages et, parfois, tester mes limites, je cours pour le plaisir, pour le côté social et la joie d'amener quelqu'un à réaliser son objectif. Allez, je vous raconte.
La météo annonçait la neige: on n'a pas été déçu! Par ce dimanche matin frisquet, je retrouve deux copines dans leur bloc aux 20 km de Lausanne. J'étais censée partir un bloc plus en avant, mais je trouvais sympa de faire la course avec elles et, n'ayant pas vraiment recouru depuis le Marathon de Milan, un mois plus tôt, je ne savais pas trop à quoi m'attendre côté forme. Dans le bloc, une de mes amies m'apprend que c'est la 1re fois qu'elle court ces 20 km, un parcours tout sauf plat, qu'elle a dans l'idée de faire du 8 km/ mais qu'elle a tendance à partir trop vite et que si on finit en 2h30, ce serait bien. OK, on tient notre plan de course. Et c'est parti par une température hivernale mais sous le soleil. Mon amie part comme une flèche. "Tu accélères", que je lui dis. La pauvre, elle va l'entendre pendant un moment... Jusqu'à l'arche d'arrivée (mais cette fois ce sera pour rire)! 
Nous courons donc toutes les 3, la première montée est passée facile pour tout le monde, on tape dans les mains des enfants et on salue les spectateurs: que du bonheur! Après une petite descente, on monte peu à peu dans la ville: une montée, du plat, une montée... En tout, il y a dans les 280 m de dénivelé, tout ça sur du bitume et des pavés. Du côté du temps, cela se gâte. On a droit au vent dans le dos (je voooole!), puis de face (frrrrrrroid) et soudain, la neige. Quelques flocons, c'est agréable. On continue de monter, on échange avec d'autres coureurs, et on part doucement à l'assaut de la Place du Château, le point culminant, vers le 12e km! Bravo les filles, on y est!
 Dans la redescente, qui comporte aussi quelques montées parce que sinon, ce serait moins drôle, une véritable tempête de neige se déchaîne. Je crie "Joyeux Noël" aux quelques spectateurs qui nous encouragent et qui ont bien du mérite, par ce froid. Bref, il vente, il neige dru, chez certaines, les muscles commencent à tirer, mais on s'amuse bien. À un ravito,on marche un peu. Puis on se laisse redescendre jusqu'au lac le long de l'avenue de Provence et à travers cette si belle vallée de la jeunesse. On croise des coureurs un peu à la dérive, nous on maintient l'allure. Les 2 derniers km sont toujours pénibles, à la fois plats et montants, mais on continue bravement. Et je déconne de plus belle mais mes copines, stoïques, ne me menacent même pas de me jeter au lac.
Vu la météo, on n'a pas droit aux habituelles odeurs de grillades au bord du lac et franchement, notre nez apprécie! Un virage encore et apparaît la piste bleue du stade de Coubertin. Et là, miracle, les paralytiques remarchent, les aveugles retrouvent la vue et les trois copines se mettent à sprinter. On franchit toutes les 3 la ligne d'arrivée en 2h28 et quelques, radieuses, hilares et un peu émues. C'était drôlement bien de courir ces 20 km toutes les 3. Et moi, j'ai découvert un nouvel aspect de la course à pied. Donnez m'en d'autres, des gens à emmener franchir la ligne d'arrivée!

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