La tentation de la couette

Ce soir-là je suis un peu en retard à l'entraînement et je me hâte sous une tempête de neige. A chaque fois, par des temps pareils, je suis étonnée au vestiaire de trouver autant de gens, même si ce n'est pas la foule des grands jours.  Une des meilleures coureuses du club, et des plus assidues aux entraînements, avoue en riant qu'elle a été très tentée, sur l'autoroute, de passer tout droit et de rentrer chez elle. Quelle motivation ne faut-il pas avoir pour "y aller quand même" alors qu'on sait qu'on va trouver une météo exécrable?

Pour la première fois de la saison, la neige est descendue quasi jusqu'en plaine. Un vent violent nous fouette, de face. A l'échauffement, j'ai froid et je ne vois plus rien. On rigole dans le peloton en signalant que le radar de la météo annonce une accalmie vers 20h30. Puis l'entraînement suit son cours, après un parcours de cross fait plusieurs fois, on rentre en papotant, une douche et c'est le nirvana. Nous sommes toutes et tous prêts à recommencer: finalement ce n'était pas si terrible et qu'est-ce qu'on a rigolé.



Le bonheur sur neige

Episode Deux. Demain, j'ai congé et, à part des engagements en deuxième partie de journée, j'ai réservé ce jour depuis belle lurette pour aller à la montagne. L'ennui c'est que les prévisions météo sont loin d'être au beau fixe. Au programme: beaucoup de neige, beaucoup de vent, froid et zéro visibilité. Je commence à me dire que je vais plutôt tester les cours de la salle de sport à côté de chez moi, quitte à compléter le tout par un footing en début d'après-midi. Je rentre tard d'une séance de travail et commence à préparer mes affaires. Je commence par faire un sac pour le fitness puis, peu à peu, je me retrouve à sortir mes affaires de ski de fond. C'est décidé, j'irai là-haut. Trop bête de ne pas aller quelques heures dans la neige juste parce qu'il ne pas très beau!

Au réveil, il fait si bon sous la couette. Le lit m'apparaît comme le paradis et le bonheur absolu que peut désirer et vivre l'être humain. Durant 30 secondes, allez, 2 minutes, je décide que je vais rester au lit faire une grasse matinée et profiter de cette béatitude. Et pourtant je me lève et me mets à préparer le thé pour ma sortie...

Le pire, c'est que là-haut, je n'étais pas toute seule. Des fous, dans les giboulées, à brasser la neige et à y trouver du plaisir (on est bien loin de la glisse, dans ces conditions). Au vestiaire, je me retrouve trempée, avec les joues en feu "parce qu'on ne va quand même pas sortir la cagoule sur une piste de fond" (grave erreur) et ravie de cette sortie qui ne restera certes pas dans les annales des records de vitesse, mais qu'est-ce que c'était bien! Au fond, il ne faisait même pas si moche.

Tard le soir, je me suis glissée sous la couette avec délices. Et surtout, ravie d'avoir eu le courage de m'arracher à la tentation d'hiberner.



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