Le marathon n'est pas obligé

J'aime infiniment la distance marathon. Pour moi c'est à chaque fois, en même temps un voyage intérieur et extérieur... et en même temps "juste" une course de quelques heures qui ne demande aucune infrastructure, si l'on compare cela, par exemple, à de l'alpinisme. 

Mais rien ne m'agace plus que cette mode du marathon. Genre "si tu n'as pas couru un marathon au moins une fois dans ta vie, tu n'es pas cap'." Je vois des gens se mettre à la course pour courir un marathon 6 mois plus tard, alors que leur corps n'est pas prêt. Ils ont "fait" New York, Paris ou Berlin. Peut-être bien qu'ils se remettront à courir, un jour, mais là, vois-tu, ils ont d'autres priorités. De toutes manières, puisqu'ils ont "fait" un marathon, ils sont marathoniens. Et de raconter comme des blessés de guerre les intolérables souffrances auxquelles ils ont survécu durant leur chemin de croix de 42,195 km. 

Courir un marathon demande de courir déjà depuis un certain temps et de se préparer avec discipline. Courir un marathon n'est pas forcément un calvaire, j'en suis une preuve vivante! Et non, mille fois non, courir un marathon n'est pas LE Graal en course à pied. Ce sport est bien assez varié pour offrir une multitude de défis. Oui, chacune et chacun est libre de se fixer l'objectif qui le fait rêver. Cela peut être un cent mètres, 5 km, 10, 15, 20, 100 km ou plus: c'est bien égal!

Au gré de mes pérégrinations médicales, je suis tombée sur un médecin non coureur qui avait "fait" New York. Techniquement, il était marathonien, oui. Et il s'était donné les moyens de le faire. Spontanément et très naïvement, je lui demande quelles sont ses courses préférées. Silence stupéfait du praticien devant la patiente diminuée que j'étais alors, patiente diminuée dont le regard s'est soudain éclairé et qui a montré une nouvelle énergie, à la simple évocation de la course à pied. Etonné, il me regarde et répète: "J'ai fait le marathon de New York. Je n'envisage pas d'autre course. Vous devriez le faire, c'est vraiment bien."

 Aussi étonnant que cela paraisse, New York ne me fait pas rêver. Peut-être qu'un jour je changerai d'avis, peut-être qu'un jour ce sera un rêve... Cela s'est passé ainsi pour le désert! Aux Etats-Unis, le marathon qui me fait vraiment rêver, pour ma part, c'est Big Sur. Les rêves, c'est comme la bandaison papa, ça ne se commande pas.

Un pote qui s'est mis à la course mais qui n'est pas très accro, a trouvé son bonheur et sa motivation dans le triathlon. Avec mes marathons, il me considère comme une folle. Et je trouve son attitude très saine! Cela me rappelle aussi la question ma foi fort sensée de mon filleul après un marathon: "et tu as fait tout ça en combien de jours?" Alors, avant de vous inscrire à un marathon, prenez le temps de réfléchir: si vous n'aimez pas courir, il y a peut-être un autre défi à vous lancer?

J'en profite pour vous souhaiter à toutes et tous une bonne année 2016. Et surtout, vivez vos rêves!



Commentaires

  1. je tombe par hasard sur ce billet...que je valide...je pense exactement la même chose...au plaisir de vous lire ;o))

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    1. Merci et bravo pour votre blog, Dossard 327! https://cocodossard.wordpress.com/

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