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Courir c'est apprendre à oser

"Je n'y arriverai jamais", "Le marathon, ce n'est pas pour moi", "N'aie pas les yeux plus gros que le ventre!" Ces messages vous parlent-ils? Pour ma part, c'étaient mes mantras. Peu importe d'où ils me venaient, j'étais façonnée par toutes ces injonctions à être raisonnable. Et je percevais mes limites commes bien plus étroites qu'elles ne le sont. Pas à pas, la course à pied m'a fait revoir mes croyances. Par exemple, j'ai couru 7 marathons et aucun ne m'a paru déraisonnable. En revanche, je passe pour une demi-folle aux yeux de gens qui se considèrent comme raisonnables, eux. Comme quoi, les limites "raisonnables" sont passablement subjectives. J'ai appris à repousser mes limites... mentales. Comme les limites physiques, elles sont mouvantes. J'ai appris à oser, à essayer. La plupart du temps, la satisfaction est au bout. Parfois, je n'y suis pas arrivée du 1er coup. Alors j'ai recommen...

Kilian et moi

Courir, ce n'est pas donné à tout le monde. Je viens d'une famille où les coureurs à pied (et les sportifs en général) étaient considérés comme "sonnés" ou "roillés". Comprenez: marteau, fada, taré. Ceci expliquant peut-être cela, ma famille n'avait absolument rien pour faire du sport, avec une tendance certaine à l'embonpoint, entre autres paramètres de base. Eh oui, il y a ceux qui gagnent à la loterie génétique, comme Kilian Jornet, et il y a les autres, ceux qui héritent du ticket "merci d'avoir joué". A l'école, l'épreuve d'endurance s'apparentait à une sorte de torture. Il fallait courir le plus vite possible le long d'un circuit donné, en se faisant houspiller par le prof. Rétrospectivement, je constate qu'en fait... je n'ai jamais couru en endurance à l'école. On m'aurait dit qu'il était possible de courir en parfaite aisance respiratoire, j'aurais cru à une blague. Bref, je détestai...

Courir sur la sable (épisode 1)

C'est l'histoire d'une fille qui se tricote des rêves fous, catégorie pas raisonnable. Elle a connu l'appel des sommets, celui des profondeurs, du marathon, des parois... et même celui de son canapé. L'appel du désert, elle y avait échappé jusqu'ici. Que s'est-il passé alors, début mars 2015, pour qu'elle flashe, en transe, à lecture d'une lettre de nouvelles qui mentionnait un marathon là-bas, près de la Mer Rouge? Honnêtement, je n'en sais rien. L'explication la plus plausible est que c'est arrivé synchro avec une grosse contrariété. La porte qui s'est ouverte sur le rêve et l'adrénaline m'ont sûrement fait beaucoup de bien à ce moment-là. Il y a peut-être aussi l'influence d'un ami (Nono si tu m'entends): à force d'entendre parler du Marathon des Sables... D'abord, je me suis dit que ce n'était pas possible, que je n'étais pas cap et que c'était de la folie. Courir un marath...