Trouver chaussure à son pied

Choisir une paire de chaussures de course, c'est l'angoisse du coureur ou de la coureuse à pied. Cette godasse qui va nous accompagner sur des centaines de kilomètres (on dit qu'au bout de 1'000 km, elle est bonne à jeter), dans un projet, dans un rêve: premier trail, premier marathon, premier podium...

On pourrait écrire des pages et des pages sur la relation des runners à leurs runnings, pour reprendre la terminologie anglaise en vogue sur les sites francophones de course à pied. J'en connais qui n'ont jamais eu le courage de jeter leurs anciennes paires de chaussures de course, aussi foutues qu'elles soient. Le lien affectif est trop fort. Ces épaves chargées de souvenirs sont à leurs yeux plus précieux qu'une médaille.

Jusqu'ici, je ne me croyais pas sentimentale. Peut-être est-ce dû au fait que j'habite un appartement en ville, mais j'ai toujours jeté, avec une belle régularité, mes paires usées. Selon l'endroit de la planète où je me trouvais et selon l'état de la chaussure, il m'est arrivé de laver la paire et de l'offrir à une organisation qui distribuait des vêtements aux plus pauvres. J'ai ainsi une ou deux paires de grolles qui ont fait (je l'espère), le bonheur de quelqu'un ou quelqu'une.

Dis-moi comment tu cours

Je n'ai jamais, non plus, montré de fidélité excessive à une marque. J'ai eu ma période Brooks comme d'autres ont leur période bleue. En fonction des terrains et des objectifs, j'ai varié les godasses, faisant confiance à mon magasin de sports attitré, spécialisé dans la vente de chaussures. Analyse de la foulée avec vidéo, conseils, esssais... celui-ci ne lésine pas sur les moyens. Et les avis de ses vendeurs se sont toujours avérés judicieux. Donc, je les écouterais les yeux fermés.

C'est que vous et moi, on ne sera pas forcément d'accord sur la chaussure idéale. Il y a ceux qui ont le pied plat, le pied "normal" ou le panard très cambré. Ceux qui courent sur l'extérieur du pied, sur l'intérieur... et les chanceux à la foulée universelle. De même, certaines chaussures se prêtent davantage au bitume, d'autres aux chemins forestiers, d'autres encore au trail... Amorti, stabilité, dynamisme, poids: j'en passe et des meilleurs.

Quant à la couleur... ce n'est pas un critère. J'en sais quelque chose, moi qui me balade avec des tatanes rose fluo et vert émeraude (on se demande ce que les stylistes ont fumé quand on voit les couleurs criardes de 2013!) On se croirait de retour dans les années 80'!

La taille, ça compte

Et puis il y a la taille. De marque en marque, ça change. Cela varie même d'année en année. L'explication de ce mystère? La plupart des équipementiers ont délocalisé leur production en Asie. Tu passes d'Europe en Chine, ou de Chine au Viêtnam... la forme de ta chaussure change aussi, avec une nette tendance au rétrécissement. Vous chaussez un 39 européen à la ville? Au rayon sport, vous irez jusqu'au 41.

Récemment, j'ai eu droit à une surprise... de taille. J'avais trouvé La chaussure idéale. La godasse parfaite qui m'accompagnait sur les sentiers forestiers, même dans la neige, et parfois dans les montagnes ou jusque sur le sable de contrées lointaines. J'en ai usé deux paires, de cette fabuleuse alliée, d'une tenue parfaite et à la semelle bien dessinée: la Progrid ride 4 de chez Saucony, un fabricant qui a l'avantage de ne travailler que pour la course à pied. Dans mes baskets bleu pétard, il ne pouvait rien m'arriver.

Mais la belle a son point faible: l'empeigne (le dessus de la chaussure), en matière technique ultralégère, a tendance à laisser peu à peu percer le gros orteil. Je me suis donc résolue à doucement préparer la succession de ma paire trouée. Au magasin... patatras. Le modèle 38,5 que j'ai essayé était... archi trop petit. Qu'à cela ne tienne, mettons le 39. Croyez-moi ou non, la chaussure était immense, large, longue... pour un peu, j'ai failli y égarer un orteil, dans cette gigantesque tatane.

Essayé, pas pu

La vendeuse spécialisée, elle-même sportive, m'a regardée avec la douceur du vétérinaire qui vous annonce qu'il va falloir piquer votre chat. "Je suis désolée, cette année je crois qu'ils ont un problème avec les tailles." Un problème?! Ils ont complètement merdé leurs godasses, chez Saucony, oui! La mort dans l'âme, et pas du tout prête à faire le deuil de mes chères grolles, je suis donc allée voir ailleurs si je trouvais mon bonheur.

Pour tout vous avouer, je l'ai trouvé du côté de chez Mizuno, une marque qui me plaît de plus en plus. Le modèle que j'ai acheté, poids plume (à peine plus de 200 grammes), me plaît tellement que c'est tout juste si je n'oublie pas d'enlever mes runnings pour dormir.

Vive l'Europe

Et tant qu'on fait de la pub, ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Mon premier marathon, je l'ai couru dans une pantoufle de chez New Balance. Jamais eu la moindre cloque malgré les kilomètres avalés. D'année en année, les couleurs changent certes, mais pas les tailles. Ces godasses restent parfaitement fiables, confortables, un plaisir de chaussures.

New Balance, figurez-vous, est un des derniers des Mohicans (le dernier?) à fabriquer ses chaussures en Europe, au Royaume Uni. Ses modèles sont à peine plus chers que ceux fabriqués en Asie... Mais quelle qualité! Alors tant pis, finalement, pour ces marques qui prennent les sportifs pour des consommateurs lambda et qui comptent sur le marketing pour leur fourguer n'importe quoi. Mon choix est fait, du côté des valeurs sûres. Chapeau, New Balance, continuez comme ça.


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