Ces amis qui vous veulent du bien

Comme vous j'espère, j'ai des amis formidables. La plupart ne sont pas vraiment des fanatiques de sport. Et, s'il m'arrive de lâcher au détour d'une conversation que je viens de faire telle course ou que j'en projette une autre, la question fuse, immédiate: "Mais dis-moi, tu t'en veux à ce point pour te faire pareillement souffrir?"

Pas plus tard que l'autre jour, tiens, un copain, goguenard, m'a chambrée, titillée, provoquée sur mon amour de la course à pied. Je l'ai laissé faire un moment, puis, quand il a été certain d'avoir l'avantage, je l'ai regardé droit dans les yeux: "C'est marrant, j'ai des tas d'amis comme toi qui ne font pas une miette de sport et qui tiennent absolument à me faire arrêter la course. Ta sollicitude me touche, vraiment. Mais est-ce que j'essaie de te persuader d'arrêter la bière?" Et ça s'est fini dans un grand éclat de rire.

J'y ai repensé, ce matin, en allant sur un coup de tête faire un petit footing au réveil, tout doucement, histoire de prendre l'air et de voir le soleil se lever. C'était splendide et j'étais toute au bonheur indicible de courir sans forcer quoi que ce soit, aisance parfaite, matin d'été plein de promesses, seule dans la ville encore endormie. Ce bonheur-là de bouger ne se communique pas, il se vit. J'en connais qui donneraient tout pour pouvoir être à ma place, et j'ai une pensée pour eux.


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