En attendant le marathon - ces moments de gamberge

Il y a d'abord toute l'énergie mise dans l'entraînement proprement dit. Planifier les séances veut souvent dire négocier, arracher du temps aux autres aspects de la vie: familiale, professionnelle, sociale, citoyenne... Négocier avec soi-même aussi, se rappeler que c'est important pour soi pour mieux rappeler aux autres à quel point l'on a besoin de cet espace qu'est la course à pied.

Il y a le plan d'entraînement qu'on suit vaille que vaille. Aux "j'y arriverai jamais mais j'essaie quand même" du début succède, si tout va bien, le "tiens, c'est chouette, j'atteins les objectifs intermédiaires!" Il y a la logistique, la gourde qu'on a forcément oubliée pour la première sortie longue, des réflexes à réactiver.

Il y a l'entraînement qui croît en intensité. Il y a ces instants d'euphorie et ces moments où les jambes sont lourdes. On est dans la course. On surveille son kilométrage, ses allures et, pour certains, sa fréquence cardiaque. On bosse! Et on bosse dur.

Vient le moment de relâcher

Les allures sont validées, le gros de la charge est fait. D'aucuns voient avec bonheur venir cette période, avant le marathon, où on se met à en faire moins. Moins pour faire mieux. Pour reposer le corps. Pour avoir, le jour J, chevillée au corps, une envie folle de courir.

D'autres appréhendent ces jours, ces semaines juste avant le marathon. Cette fois, je ne me suis pas posé de question avant. J'ai vécu mon entraînement avec intensité, avec le bonheur fou de courir. J'ai dû faire face à une blessure, mais c'était clair dans ma tête: ce marathon j'allais le faire, j'étais assez entraînée pour l'allure escargotienne que j'envisageais. Un mental de guerrière.

Et ça m'a prise d'un coup, dans la dernière semaine: comme une sensation de manque, accompagnée des premiers doutes. "En ai-je fait assez?" "Quelles seront les conséquences de cette blessure en fin de plan d'entraînement?" En clair: "VAIS-JE Y ARRIVER?"

... mais pas son attention

Bizarre chose que le mental, que les pensées qui sautent sur la moindre occasion, le moindre espace pour partir dans tous les sens, dès qu'on relâche un peu l'attention... Alors oui, priorité au repos, mais en restant focalisée sur l'objectif. 

A J-et quelque, je sais que les jeux sont faits et je m'efforce de goûter ces moments précieux où monte, peu à peu, l'excitation du marathon, l'envie de courir, le goût du défi. Au revoir, les doutes, place au plaisir de courir! En attendant, je vis, je pense, je vibre marathon. Quelle chance, ces 42,195 km qui m'attendent!

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