Sierre-Zinal - objectif 1re fois en août

 


Cette fois c'est certain,  je m'inscris à Sierre-Zinal! L'idée est née l'été dernier alors que je "suivais" les exploits de mes copines sur cette course. Elles m'ont fait envie. Et grâce à elles, j'ai réalisé que c'était peut-être à ma portée. 

Avant de m'inscrire, j'ai profité l'automne dernier d'un magnifique samedi pour aller reconnaître le début du parcours. Départ de l'arrêt du Car Postal "Bois de Finges" (Sierre), sauf qu'avec deux dames on s'est trompé d'arrêt. On est sorti à... Forêt de Finges (la nuance est de taille)! Je déplie la carte, constate mon erreur et c'est parti pour une grande première: la traversée d'un giratoire-échangeur sans trottoir, ça c'est fait. 

Il faut dire que 1) le nez en l'air,  j'ai raté le chemin pédestre qui contourne le giratoire et 2) le début du parcours est mal indiqué. Après avoir quitté les deux dames non sans leur souhaiter une bonne route, c'est parti pour la montée vers St-Antoine. Il est 10h10. Le sentier monte régulièrement et c'est  agréable. Les stations du chemin de croix rythment la montée. Je monte d'un bon pas mais sans me presser. Une demi-heure plus tard j'atteins la chapelle et je sonne la cloche qui fait retentir un joyeux son cristallin. Par ce geste je salue aussi les deux autres randonneuses.

Dans la grimpée

Le chemin est facile et je regrette d'avoir pris les lourdes godasses de rando au lieu des baskets de trail. Des emballages de gels jonchent le parcours,  j'insulte mentalement ces "sportifs" sans gêne qui profitent de la nature en la salissant. Et je me mue en randonneuse-poubelles (merci à mes nombreuses poches).

Dix minutes après mon passage,  la cloche répond à mon salut - c'est sympa d'avoir des nouvelles des deux randonneuses. J'atteins Beauregard, 1337 m, cinquante minutes après mon départ de la plaine. Je me sens bien. 

D'après la carte, le "raidillon" c'est maintenant. En effet, on visualise presque les courbes de niveau tellement c'est pentu, argh! Allez, un pas après l'autre. Les 40 premières minutes de cette grimpée sont les plus rudes et  raides, entre Beauregard et l'alpage de Ponchet (1870 m). 

A ma grande surprise, dans la deuxième partie de la montée, je dépasse trois marcheurs au format bien plus athlétique que moi. Ils ont l'air de peiner. Les ayant dépassés,  je ne trouverai plus aucun emballage de gel par terre... Tiens, tiens... Quant à moi je bois de l'eau et ça va très bien.

J'essaie d'évaluer où j'en suis dans la pente: "là ça doit faire au moins 1700 mètres d'avalés"... On se motive comme on peut. Et soudain je les aperçois,  les cinq 4000! Comme c'est beau! Cette vision me redonne du souffle et j'en ai bien besoin: selon le descriptif de l'itinéraire pour les randonneurs,  j'en ai encore pour une bonne heure avant Ponchette. C'est alors que je vois le panneau "Ponchet,  100 m." Ça alors! Je n'en reviens pas! J'ai mis 2h15 en mode marcheuse.


Couleurs d'automne

Une nouvelle fois, je regrette de ne pas être en baskets pour pouvoir galoper sur la large route qui m'emmène à Chandolin,  où j'arrive 45 minutes plus tard. J'avais prévu d'y reprendre le car postal,  mais vu que j'ai 2 heures d'avance sur l'horaire, je décide de continuer vers Tignousa, au-dessus de Saint-Luc. Et bien m'en prend car le panorama entre Chandolin et Tignousa est de toute beauté.

Le ciel est limpide et le paysage à couper le souffle. Les myrtillers commencent à rougir et la montagne se pare de rouge et d'or, contrastant avec le vert des mélèzes. Les neiges éternelles et les glaciers étincellent au soleil. De l'autre côté de la vallée le Bishorn m'invite à crapahuter sur son dos rond de 4000 mètres  (ce n'est que partie remise, cher Bishorn!). Je musarde, m'arrête pour prendre des photos, identifie un champignon. Si ce n'est pas le bonheur, ça y ressemble beaucoup.

Voilà,  j'aurai mis 4 heures pour rallier la station du funiculaire de Tignousa, en marchant et avec des pauses pique-nique. Sans trop d'effort et surtout sans m'en rendre compte, j'ai avalé près de 1800 mètres de dénivelé. Et si les horaires des cars postaux l'avaient permis,  j'aurais continué!


 Entre Chandolin et Tignousa


Ce jour-là, j'ai fait environ la moitié du parcours de Sierre-Zinal, juste assez pour tomber raide dingue de ce tracé superbe. Plus tard, je suis retournée à Chandolin avec la première neige, pour monter au Weisshorn. Je ne suis pas redescendue sur Zinal mais j'ai coupé pour rejoindre Saint-Luc. La beauté du panorama de cet arrière-automne m'accompagne encore.

Inscrite!

Je me suis donc inscrite.  Je me réjouis du 10 août 2014, même si j'appréhende un peu de me retrouver parmi la foule sur ce tracé qui m'a conquise, mais que j'aime arpenter seule. Je prendrai le départ "touristes", à 5 heures du mat', en mode rando-course. Avec l'envie de profiter de cet endroit magnifique mais aussi, là où c'est possible, de m'élancer baskets aux pieds.

Après des mois à manger du bitume au plat pour m'entraîner pour un marathon plat, il me vient d'irrépressibles envie de montagne. Voilà qui tombe à pic!

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