Quand le genou, va tout va (CR Marathon du lac d'Annecy)

La météo annonçait un temps pourri, et il n'en fut rien. Temps couvert et frais, avec la pluie qui a eu le bon goût de s'arrêter juste avant le départ: des conditions idéales pour ce 2e marathon!

Episode cocasse: une longue file s'agglutine devant les toilettes... avant que les organisateurs ne se rendent compte qu'ils ont oublié d'en déverrouiller un certain nombre. Au moment où un bénévole dévoué s'attaque à la première porte, cris de protestation! C'était une des seules toilettes déjà accessibles. Toute la file d'attente est morte de rire.

J'ai rendez-vous avec deux groupes à 15 minutes d'intervalle et comme il se doit je rate un des rendez-vous. Tant pis, je me glisse dans mon sas et j'attends tranquillement. Le coup de feu est donné, les gens partent comme des boulets, je ralentis un peu l'allure et me fais dépasser de tous les côtés.

Vieille ville d'Annecy


Joyeuse course d'école

Sur les premiers km, le peloton est très compact et je ne vois rien du paysage, attentive à trouver mon rythme, à ne pas me faire bousculer et à ne pas bousculer, le chemin emprunté par le parcours est étroit. Je me concentre sur mes "environ 10 km/h" et je me retrouve dans le groupe compact qui suit le ballon des 4h15, parfois les dépassant, parfois étant dépassée car ils font des pointes à 11 km/h, trop rapide pour moi.

Dans le peloton, il règne une atmosphère de course d'école, ça rigole beaucoup, ça se vanne et je profite du spectacle. Sur le bas-côté, un cardinal (ou serait-ce un archevêque?) se soulage. Je crois reconnaître le célèbre Elpalmero de CLM mais vu la situation, je juge indécent de le héler :-).

Je passe le 10e km en 1h00, je commence à me sentir parfaitement bien (le temps que le diesel démarre) et je me réjouis de la suite. Les gens s'excusent lorsqu'ils te bousculent, l'ambiance est vraiment top. On passe dans un tunnel où le peloton hurle façon course d'école, puis voici venir la tête de course qui revient vers Annecy... Ouh là là ce qu'ils sont rapides.

Aïe!

Et puis soudain, une lancée à mon genou gauche. On est vers le 14e km. Au début la douleur est gérable. Que je crois. Entre le 18e et le 19e, je dois me rendre à l'évidence, ça fait vraiment mal. Que faire? Je décide d'aller jusqu'au semi "et puis après il faudra bien rentrer!" Je me concentre, mais rien à faire, la douleur irradie dans le tibia.

A part ça, j'ai bu régulièrement, je me suis ravitaillée, je suis en pleine forme, tout va nickel, il n'y a "que" cette douleur à gérer. Alors je décide de la gérer. Je passe le semi en 2h08 et je continue. Je marche un peu pour voir comment ça fait, et aussi parce que je n'ai pas tellement le choix. En marchant, quasi pas de douleur. Alors je me mets à alterner marche et course, en courant plus que marchant, ce qui me réussit bien jusqu'au 35e km.

Et puis il y a ces vues plongeantes sur le magnifique lac d'Annecy, les encouragements chaleureux des spectateurs et un mot par-ci par-là, voire une grosse vanne, échangés avec d'autres marathoniens à la peine. Et la certitude de terminer, coûte que coûte.

 "Allez, on termine"

Au 35e la douleur est trop vive, il faut que je marche. Je ne vais quasi que marcher entre le 36e et le 39e. Au 39e, j'ai rendez-vous avec M. Escargot et cela me booste le moral. Il me voit arriver en marchant, mais souriante, quasi décontractée, "je suis blessée, quand je cours j'ai mal au genou". Un bisou et je repars.

"Allez, ce marathon, on va le terminer", je lance à un marathonien qui boîte, devant moi. Il m'adresse un regard reconnaissant avant de s'écrier: "eh mais tu me doubles! C'est pas juste!" Et c'est parti pour un échange de vannes, nous sommes tous les deux morts de rire comme des gamins alors qu'on est dans un état pas croyable.

Le public et le dahut

Vers le 40e, je mets au point une nouvelle technique de course non encore brevetée, dite "du dahut", cet animal qui a deux jambes plus courtes que les deux autres: une sorte de pas chassé où le poids se reporte toujours sur la jambe valide, l'autre jambe n'étant plus capable de grand'chose. Inutile de préciser que c'est d'une élégance rare (hum). C'est aussi un formidable exercice de muscu pour la jambe valide qui encaisse vaillamment (merci!).

On a beau être dans la queue du peloton, les spectateurs sont massés le long du parcours. Il y a foule, et la foule scande mon prénom! Je n'en reviens pas. Moi, cette pauvre chose qui boîte en courant, qui court en boîtant, j'entends mon prénom scandé par toutes ces voix qui n'en font qu'une! WOW! Cela me galvanise: je boîte, je cours,  je m'envole! Merci le public!

Et puis soudain le tapis. Rouge. Cela fait son effet. Une voie royale. Je pique une sorte de sprint. Je vole vraiment, je ne sens plus la douleur. Je passe l'arche. Une bénévole me félicite et me passe la médaille autour du cou. Je suis la reine du monde. Juste après mon genou se dérobe, je me précipite sous la tente des Samaritains en quête de glace. Je lui dois bien ça. Merci les secouristes!

La médaille


Mon chrono? Je m'étais entraînée sur une base de 4h15-4h20. J'ai mis 4h39, temps officiel, et 4h37.20 à ma puce.  Je suis fière d'avoir terminé et d'avoir eu du plaisir malgré tout. Et comme me fera remarquer la joyeuse équipe de CLM: "Non seulement tu as fait mieux qu'à ton premier marathon, mais en plus, cette fois, tu n'as pas perdu ta puce!"

Commentaires

  1. bravo la suissesse mnt repos,bise de bon retablissement
    marrant ton resumé j'aime bien :)

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  2. j'ai déjà posté sur caf, pour ton marathon mais je voulais te laisser un com. ici pour te dire que j'ai parcouru ton blog, que je trouve bien sympathique, une version de la cap sans prise de tête avec beaucoup de plaisir et de l'humour.
    Bonne continuation, Domie

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  3. Bonjour,

    Je suis Elodie Farge et je suis auteur pour le blog de moncoach.com (http://blog.moncoach.com) J'ai écrit notamment ces articles :

    http://blog.moncoach.com/combien-temps-devez-echauffer-courir/

    ou

    http://blog.moncoach.com/reussir-course-noubliez-pas-echauffer/

    Ayant des thématique similaire j'aimerai vous proposer un échange d'articles entre votre blog et le blog de moncoach.com (vous écrivez un article pour le blog et j'écris un article pour vous). Ou bien un échange de lien simple pour booster la popularité de nos deux blogs ?

    Qu'en dites-vous ? Vous pouvez me contacter à elolo.fafa@gmail.com

    Au plaisir de vous lire.

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