Un marathon en riant aux éclats - CR Lausanne 2015

C'était bien ton marathon ? Ah oui, qu'est-ce que j'ai ri pour ma 2e participation au Marathon de Lausanne! Allez, je vous raconte : Lausanne, un dimanche matin d'octobre. Au départ, je retrouve des amis, dont un déguisé: un magnifique Mr Propre, y compris la boucle d'oreille. Mais en plus, ce fada porte un seau et un balai-brosse ! Rien que pour ça, il mérite d'entrer dans le Livre des Records : se taper 42,195 km avec un seau dans une main et un balai-brosse dans l'autre. Oui, il l'a fait.

Nous voici sur la ligne de départ, sagement calés au fond de notre bloc. Pour moi c'est la première fois que je me prépare à courir « en groupe » (du moins un bout) et je m'en fais une fête. D'ailleurs c'est une fête ! Départ tranquille et en déconnant à pleins tubes. Quelques dizaines de mètres après le départ, on s'arrête déjà pour prendre la pause devant l'objectif d'une copine qui fait les 10 km.

On rigole beaucoup et Mr Propre en profite pour nouer la conversation avec à peu près toute l'arrière-garde du peloton, dont deux néo-marathoniennes très sympas.Nous sortons de Lausanne et commençons à traverser les premiers villages, avant que le parcours ne serpente entre vignes et lacs. De nombreuses spectatrices interpellent Mr Propre pour qu'il aille faire le ménage chez elles et il trouve une vacherie à répondre à toutes.

Sur un marathon, ça cause énormément

 

Peu après le 10e kil, notre Superhéros du ménage prend son envol, tandis que nous restons, ma copine Zaboulette et moi, à papoter, calées sur son allure marathon. Nous recevons beaucoup d'encouragements : des amis de mon club, sa sœur et son beau-frère, et vlà t-y pas que débarque une copine, chevauchant fièrement son vélo : c'est le moyen qu'elle a trouvé pour combattre un puissant décalage horaire.

Bubulle la cycliste nous laisse reprendre notre route pour tailler une bavette (une batoille, comme on dit chez nous) avec Etienne, le papa de Zaboulette qui aurait dû courir avec nous. Nous poursuivons notre bonhomme de chemin en papotant (surtout moi) et en nous extasiant sur le paysage et les conditions météo idéales.

A Vevey, Zaboulette, qui lutte depuis quelques km contre un mal de dos, fait quelques pas en marchant et me dit de filer. Je m'exécute car j'ai un peu mal aux pattes et marcher ne me paraît pas trop indiqué. Je lui souhaite une bonne course et je pars tranquille car je sais que l'ange gardien Bubulle va veiller sur elle. Nous sommes entre le 18e et le 19e kil et mes jambes me demandent l'autorisation de se dégourdir un peu. C'est parti sur mon allure marathon, 9,5 km/h. Je passe le semi en 2h31.

Folle ambiance au semi


Dans la Grand-Rue de La Tour de Peilz, les semi-marathoniens se préparent au départ. La foule est massée le long des barrières. Et là, je suis sidérée : alors que nous sommes parmi les tout derniers des marathoniens, nous avons droit à une ovation, des gens qui scandent nos noms, une ambiance de folie ! La ferveur de ce public-là me donne des ailes pour rejoindre l'arrivée : un concentré d'énergie positive.

Les kilomètres défilent, je maintiens mon allure, tout me semble facile. Bien sûr, il y a ça ou là un frottement avec un pied qui chauffe et un début d'ampoule ; un genou qui grince un peu (le bitume, j'ai nettement moins l'habitude)… mais qu'est-ce que c'est face à la beauté des vignes dorées qui se détachent sur le ciel bleu ? Je suis en forme, il n'y a pas de vent et surtout pas de vent de face (hello Edinburgh!), je profite d'être là, dans ma course.

Je ne cesse de dépasser des gens et j'essaie de dire un mot d'encouragement à la plupart d'entre eux. Leurs réponses me donnent une bonne indication de leur état de forme : certains plaisantent, à l'aise. D'autres n'entendent pas, leur musique vissée dans les oreilles. D'autres encore souffrent trop pour répondre quoi que ce soit.

Mr Propre is back

 

Peu avant le 34e km, il y a toute une équipe de mon club. Ils m'encouragent comme des fous et moi, je gueule : « je suis en negatiiiiiv spliiiiit » avec un grand sourire : on a les joies qu'on peut. Notre entraîneur me tend sa gourde avec sa potion magique : du coca dégazé : ça fait un bieeeeeeeen !

Et soudain qui vois-je devant moi ? Mr Propre! On fait un bout de route ensemble, mais un faux-plat montant lui intime l'ordre de marcher. Je fais quelques pas avec lui mais mes jambes durcissent instantanément. Je repars donc en lui promettant de l'attendre à l'arrivée.

Quelques mètres avant l'arrivée, pas de Mr Propre : j'ai beau me retourner et scruter l'horizon. Les premiers semi-marathoniens déboulent, un bénévole me crie d'avancer… bref, c'est mon premier et seul moment de stress. Du coup j'obéis, j'avance, je franchis le portique d'arrivée en 4h45'51''… et je fais demi-tour par aller chercher Mr Propre. On m'arrête aussitôt : « Pas question, vous avez un dossard avec une puce, si vous voulez revenir en arrière vous faites le tour ! »

Le temps que je fasse le tour, voilà Mr Propre et sa compagne qui arrivent, et le côté aigre-doux de cette arrivée passe aussitôt car on se remet illico à rire comme des gamins. Zaboulette passe aussi la ligne d'arrivée et tout se termine comme dans Astérix autour d'un repas… et dans la franche rigolade.

Le lendemain: un peu mal aux genoux, les muscles un peu raides mais c'est tout. Je suis en superforme et je sais que j'ai couru bien en deçà des possibilités que je me découvre! Le marathon est décidément une distance qu'on a jamais fini d'explorer. Même si j'ai aimé cette distance dès mon 1er 42,195 bornes, je l'aime de plus en plus et m'y sens de plus en plus à l'aise. Et puis le marathon de Lausanne et moi, c'est une histoire d'amour. C'était mon 5e marathon, couru avec bonheur, dans les rires et l'amitié.

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