Le Kerzerslauf en marchant et en riant CR 2017

Une fois n'est pas coutume, je vous livre un CR de... marche. Avis aux esprits chagrins, c'est 15 kils, de un (et ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval) et nanmého, de deux.

Donc, le Kerzerslauf, une jolie course de 15 km qui se déroule en Suisse sous le rideau de rösti (ou sur le Röstigraben) à la frontière des langues, dans une petite ville qui s'appelle Chiètres en français et Kerzers en allemand. Si tu n'as rien compris à ce qui précède, c'est qu'en Suisse on parle plusieurs langues et même si on a la réputation d'être bien ordonnés, sur la question linguistique, c'est souvent un peu le chenit, le pétschis, bref, le bordel. Dans le cas de la course de Chiètres, par exemple, tout le monde, francophones compris, l'appellent "Kerzerslauf".

Non contente d'être à la frontière des langues, la course est aussi à la frontière de l'hiver et du printemps. Elle marque le début de la saison des grandes courses populaires, d'où son titre de "Saison opening", en suisse-allemand dans le texte.

Cette course, je n'avais pas prévu de la faire, mais j'ai été titillée par deux amies, adeptes du Nordic Walking. C'était à une époque pas si lointaine où recommencer à courir me paraissait de la science-fiction. Et je vous dois un aveu: j'ai adoré la faire en marchant.

No stress


Au départ, déjà, aucun stress. Pas besoin de m'échauffer, je m'offre le luxe d'arriver à la der. Ça souffle pas mal dans ce Seeland fertile et plat. Il pleut une sorte de crachin et je me félicite d'avoir opté pour la veste en goretex. Je retrouve mes copines dans le sas de départ après avoir assisté à celui des coureurs et après avoir fait la bise à Zaboulette et son papa. Une femme engueule ma copine Kate en Berndütsch (en suisse-allemand) sous prétexte qu'on n'est pas dans le bon bloc... en fait c'est elle qui s'est plantée.

On part tout tranquillement, bonnes dernières, sous les applaudissements pour notre trotte de 15 km. A la sortie du village, en direction de la forêt, je vois M. Lexoulex qui me hèle, avec la chienne Boxer à la laisse et baby boxer sur le ventre, en portage. C'est trop chou! Ravie de les voir, je distribue des bises à l'un, des caresses aux autres, on papote (baby boxer est vraiment craquant), mais c'est pas tout ça, j'ai 15 km à faire... Je me retourne et, médusée, je vois les copines qui attendent et... les vélos-balais qui ferment la course! Trop la honte, j'ai fait attendre les vélos-balais! Eux prennent la chose avec humour et sont charmants. Les copines aussi, d'ailleurs.

Après un bout sur la route, on gagne la forêt et les chemins sont bien boueux, on s'en met jusque-là tout en évoquant les exploits à la voile des marins suisses. Je suis contente d'avoir pris mes godasses de trail en gore-tex pour avoir les pieds bien au chaud tandis qu'on évoque le tour du monde d'Yvan Bourgnon en catamaran de sport (donc sans habitacle).

Le dernier km, "il compte pas"


Ravito, petite montée, nous voici déjà à mi-parcours. Lac, arbres au bord de l'eau, canards, montée plus sèches mais courte avec des sonneurs de cloches. Le 10e km approche avec pour les unes, les cuisses qui tirent, pour l'autre, les mollets. Nous avons aussi remonté du monde et les vélos-balais ne sont plus qu'un lointain souvenir. "Plus que 4 kils parce que le dernier, il compte pas, il est en descente", s'écrie une de mes amies. Nous éclatons de rire.

Pas question de se laisser reprendre par "le gendarme", la femme qui nous a engueulées en début de course. On maintient donc le rythme, ça reste bien boueux. Forêt, champs. Voici les premières maisons, dont on loue le style complètement disparate en essayant de deviner qui, le premier, a planté un immeuble moche à côté de la ferme bernoise qui devait être là depuis des siècles. "Et comme il restait un peu de place, ils ont encore construit ce machin derrière". Petit cours d'urbanisme sauvage en avalant les derniers km. Il fait frais.

Et voici que nous entrons dans Chiètres/ Kerzers, l'une rêvant à son risoletto (un snack au chocolat et au caramel, distribué par un des sponsors de la course), l'autre à une carotte, l'autre enfin à "juste finir". Nous franchissons l'arche d'arrivée sous les applaudissements, fières et heureuses comme des marathoniennes.

Commentaires

  1. J'adore les Risolettos ;) Chez nous aussi il y avait beaucoup de vent, du coup je m'étais demandé si à Kerzers y'en aurait aussi, j'ai ma réponse ! ;)

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