Sur les chemins de terre

J'ai longtemps eu un chemin fétiche. Débutant en ville, à la montée, il laissait bien vite de côté le bitume et les pavés pour revêtir des atours pus forestiers. Hésitant entre ville et campagne, et forêt, il passait tour à tour du goudron à la terre, voire à une bonne boue qui colle, avant de prendre définitivement la clé des champs et l'air de la forêt. J'ai commencé par de petits circuits, puis par m'aventurer de plus en plus loin. Quand c'était la saison, il m'est arrivé d'y trouver des champis. Mon chemin préféré m'a servi pour de petits footings à l'aube et à la frontale, des séries de montées et de descentes, comme pour de grandes sorties en rando-course, voire en ballade avec mon compagnon ou des amis. C'est non loin de là aussi que je me suis pété deux ligaments.

Interdite de racines, de dévers et de terrain instable, j'ai rompu avec mon chemin, du moins avec ses parties les plus techniques. La rupture a duré, quoi, un an et demi? Et puis, réparée, je me suis remise à arpenter des terrains non goudronnés. J'ai fait des kilomètres et des kilomètres de rando, dans des endroits à ne pas faire tomber un dahut, avant de me dire que, peut-être, je pourrais me remettre à courir tranquillement sur des sentiers.

J'ai évidemment choisi un jour d'automne bien venté, après une chute abyssale des températures. Qu'importe: j'y allais doucement, pour tester.

Oh là là ce que ces premiers mètres de montée ont été difficiles! Ce qui m'a le plus étonnée, ce n'est pas tellement de souffler comme une vieille chaudière. C'est la brûlure dans les cuissots. En même temps, c'était dimanche et c'était l'occasion de profiter. Et surtout, mes guibolles tenaient la route, c'était si bon de courir dans les feuilles mortes, de passer dans la boue, de négocier les racines et bref, de courir, seule au monde ou presque, dans la forêt. Alors j'ai couru, couru, même sur des passages où d'habitude, je marchais. Pour fêter ça, la pluie est venue arroser cette sortie. Mes cuisses ne me brûlaient plus, j'avais retrouvé mon souffle et j'aurais pu continuer des heures comme ça si je n'avais pas eu des lessives et autres joies domestiques. C'était simplement fantastique.

Mes pieds ont retrouvé les chemins de terre.

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