Ces derniers temps, c'est un festival: "Mais ça fait longtemps que tu fais AUTANT de spooooort?" (sous-entendu: "trop") et autres "Quoi? Tu vas encore courir?", alors que justement, du sport j'en fais moins et que j'ai divisé par trois mon volume kilométrique en course à pied. Le pompon, ça a été la question: "Mais t'as vraiment besoin de tant de sport?" A quoi j'ai répondu: "Et toi, de tant de culture?", laissant la personne plantée là. Elle n'a même pas eu le temps de me dire que "c'est pas la même chose!" Il ne vient à l'idée de personne de s'inquiéter de ce qu'autrui passe toutes ses soirées de libre au cinéma: c'est un cinéphile. Rentre deux soirs de suite du boulot à vélo, on viendra te parler de ta santé mentale. Alors oui, je vais au théâtre, pas trop au cinéma car ça m'endort, écouter des concerts... et il m'arrive d'aller à l'opéra...
A quelques jours de mon prochain marathon, causons un peu de l'incontournable "préparation marathon". Vous en connaissez beaucoup, vous, des prépas marathon qui se passent comme prévu? (Si vous avez répondu "oui" à cette question, bravo, vous pouvez apprécier votre chance et zapper cette lecture) Tout bien réfléchi et après sept préparations marathons, je dois avouer que je n'en connais pas tant que ça, des qui se déroulent normalement. Pour tout dire, je dois en avoir une seule à mon actif, c'est celle qui m'a emmenée à Edimbourg en 4h30. Forcément, quelques jours avant de m'aligner sur mon 7e 42,195 km, je gamberge: voyons, qu'est-ce que j'ai bien fait? Qu'est-ce que j'aurais pu faire mieux? Sauf qu'avec l'expérience, cet état des lieux ne me stresse plus. Il n'est plus temps de changer quoi que ce soit, mais je peux encore tirer des enseignements pour l'avenir et c'est ce qui m'intéresse. Couri...
Courir, ce n'est pas donné à tout le monde. Je viens d'une famille où les coureurs à pied (et les sportifs en général) étaient considérés comme "sonnés" ou "roillés". Comprenez: marteau, fada, taré. Ceci expliquant peut-être cela, ma famille n'avait absolument rien pour faire du sport, avec une tendance certaine à l'embonpoint, entre autres paramètres de base. Eh oui, il y a ceux qui gagnent à la loterie génétique, comme Kilian Jornet, et il y a les autres, ceux qui héritent du ticket "merci d'avoir joué". A l'école, l'épreuve d'endurance s'apparentait à une sorte de torture. Il fallait courir le plus vite possible le long d'un circuit donné, en se faisant houspiller par le prof. Rétrospectivement, je constate qu'en fait... je n'ai jamais couru en endurance à l'école. On m'aurait dit qu'il était possible de courir en parfaite aisance respiratoire, j'aurais cru à une blague. Bref, je détestai...
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