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Retour en ville

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Ça y est, je suis de retour en ville. A moi les entraînements urbains et périurbains. Sauf que. J'ai un mal fou à retrouver le bitume. C'est facile... mais qu'est-ce que c'est dur! Y a des montées, des descentes... mais. Où sont passés les ravitos de framboises, myrtilles, fraises des bois et champignons? Où est passé le grand silence humide, frais et ouaté du brouillard, permettant de surprendre un chevreuil? Où est passé ce chamois qui me regardait descendre d'un air attentif et un poil inquiet? Et ces marmottes jouant sous la pluie? Et le majestueux éperviers? Où sont ces abruptes pentes de terre et de cailloux, là où les arbres ne poussent plus? Et ces sentiers qui courent le long des coteaux herbeux?  Au fond de moi. Toutes ces merveilles sont en moi. Plus je goûte à la montagne et moins je peux me passer d'elle. Bonne rentrée! Et vive la course à pied.

Abandonner

Il a fallu que plusieurs de mes amis et connaissances abandonnent sur des courses pour que je décide de me confronter à mon abandon sur un semi marathon de montagne en juin dernier, sur blessure. Des experts te diront "oui mais l'abandon sur blessure c'est moins dur car c'est inéluctable." Ben c'est pas si simple que ça. Au moment où le ligament de ma cheville a fait crac, je me suis quand même dit, une fraction de seconde: "allez, il reste 6 kil. Sur la douleur tu peux le faire." Puis j'ai CHOISI consciemment de ne pas abîmer mon articulation davantage. J'aurais pu choisir d'aller au bout coûte que coûte. Qu'est-ce que ça m'aurait apporté? Un tshirt de finisher? Au prix de quelle souffrance? Bien sûr que je me félicite de ma décision. L'entorse se remet bien et j'ai sauvé mon été. N'empêche: abandonner n'est pas facile et ça suppose ensuite de "digérer" tout ça. Sur le moment, j'...

L'aventure à la porte de chez soi

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Ce soir-là de fin des semaine, je devais partir passer la nuit en montagne,  me levant (très) tôt le lendemain pour aller encourager  une copine sur un trail. Bon, mais comment y aller? Voiture, au risque de devoir revenir sur mes pas pour la rechercher (la voiture qui accourt quand on la siffle n'ayant pas encore été commercialisée)? Transports publics (existants,  mais rares)?  Et... soudain surgit l'idée toute simple, grain de folie après une semaine chargée: si je montais à pieds?! Aussitôt pensé,  aussitôt fait, frontale dans le sac. J'ai profité des couleurs du soir, aperçu des bêtes,  respiré les parfums des prés et des forêts... Quelques heures plus tard, le fardeau de la semaine était envolé.

Les traileurs, ces drôles de bêtes

La presse spécialisée dans la montagne de mon pays (la Suisse), semble avoir découvert l'existence d'une nouvelle tribu: les traileurs. Bien sûr, celles et ceux qui crapahutent dans les montagnes savent que le trail n'est pas nouveau. L'engouement pour ce sport l'est peut-être davantage... Mais l'essentiel n'est pas là. Comme beaucoup de gens qui aiment la montagne, je fais partie du Club alpin. Férue de randonnée, je pousse le vice jusqu'à être membre de Suisse Rando aussi (et ses célèbres panneaux jaunes). On peut me rencontrer en montagne, encombrée d'un lourd sac à dos, sanglée dans un harnais avec plein de quincaillerie qui fait "schgling schgling", encordée, chaussée de crampons, montant avec lenteur, prudence (et souvent difficulté) un névé gelé, en plantant le manche de mon piolet. Vous pourrez croiser la même personne, un peu plus bas dans la montagne, avec toujours le même sac à dos, mais sans crampons ni piolets, et si vous r...

Après le marathon, les "vacances"

C'est un rituel: après le marathon, je fais une coupure: pas de course pendant 2 semaines. Ou 3. Même si j'ai envie de courir. Surtout si j'ai envie de courir. Peut-être parce que y a pas que ça dans la vie. Aussi pour éviter d'associer la coupure avec la blessure ou la maladie: je sais aussi m'arrêter quand tout va bien. Et c'est sûrement aussi un moyen que j'ai trouvé pour revenir avec d'autant plus de plaisir à la course à pied. Il y a d'abord cette vague de bonheur de l'après marathon. Une semaine après, j'étais encore en apesanteur. Le bonheur de l'avoir fait, sans doute, mais pas seulement. L'ivresse surtout de courir dans de magnifiques paysages. Les sensations. Un marathon c'est une poignée km qui grincent pour des dizaines d'autres de bonheur et de légèreté. C'est aussi l'accomplissement après ces heures d'entraînement par tous les temps, dans la nuit, le froid, la pluie...  tro...

Courir contre le vent - CR Edimbourg 2015

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Dire qu'on couru 26 miles, ça paraît moins long que 42, 195 km. Et pourtant c'est rigoureusement la même distance. Comme quoi, le marathon, c'est dans la tête.  Ce marathon, voilà longtemps que j'en rêvais. Il y a plusieurs années que nous nous étions dit, M. Escargot et moi, que je courrais à Edimbourg pour mes 40 ans. Pourtant cet hiver, après quelques ennuis de santé, la perspective de courir un marathon me paraissait bien improbable car je peinais à aligner deux pas. C'est pourquoi j'aime bien la citation ci-dessous: "Il y a des jours où vous ne vous pensez pas capable de courir un marathon. Vous saurez durant tout le reste de votre vie que vous en avez couru un". Eh bien oui, j'en ai donc couru quatre avec celui-ci. La veille, il a fait un temps splendide pour les 10, 5 km et les courses des enfants. Je n'ai d'ailleurs pas résisté à aller me faire une petite demi-heure dans la lande, sur Artus Seat, le siège d'...

Kilian et moi

Courir, ce n'est pas donné à tout le monde. Je viens d'une famille où les coureurs à pied (et les sportifs en général) étaient considérés comme "sonnés" ou "roillés". Comprenez: marteau, fada, taré. Ceci expliquant peut-être cela, ma famille n'avait absolument rien pour faire du sport, avec une tendance certaine à l'embonpoint, entre autres paramètres de base. Eh oui, il y a ceux qui gagnent à la loterie génétique, comme Kilian Jornet, et il y a les autres, ceux qui héritent du ticket "merci d'avoir joué". A l'école, l'épreuve d'endurance s'apparentait à une sorte de torture. Il fallait courir le plus vite possible le long d'un circuit donné, en se faisant houspiller par le prof. Rétrospectivement, je constate qu'en fait... je n'ai jamais couru en endurance à l'école. On m'aurait dit qu'il était possible de courir en parfaite aisance respiratoire, j'aurais cru à une blague. Bref, je détestai...