Courir sur la sable (épisode 1)

C'est l'histoire d'une fille qui se tricote des rêves fous, catégorie pas raisonnable. Elle a connu l'appel des sommets, celui des profondeurs, du marathon, des parois... et même celui de son canapé. L'appel du désert, elle y avait échappé jusqu'ici.

Que s'est-il passé alors, début mars 2015, pour qu'elle flashe, en transe, à lecture d'une lettre de nouvelles qui mentionnait un marathon là-bas, près de la Mer Rouge? Honnêtement, je n'en sais rien. L'explication la plus plausible est que c'est arrivé synchro avec une grosse contrariété. La porte qui s'est ouverte sur le rêve et l'adrénaline m'ont sûrement fait beaucoup de bien à ce moment-là. Il y a peut-être aussi l'influence d'un ami (Nono si tu m'entends): à force d'entendre parler du Marathon des Sables...

D'abord, je me suis dit que ce n'était pas possible, que je n'étais pas cap et que c'était de la folie. Courir un marathon dans le désert quand, comme moi, on cuit au-delà de 15°C. Faire ça avec bien 600-700 m de dénivelée, à la fin du mois de novembre, un mois seulement après avoir couru un autre marathon... Ça fait du bien de rêver mais non, faut pas exagérer. 

Si vraiment je veux y aller, je n'ai qu'à m'inscrire sur le Semi. Il m'a l'air gratiné pour un semi, mais tout de même faisable pour un escargote. OK, autorisons-nous à rêver du semi. Et puis novembre, ce n'est pas la bonne période pour partir, question travail. Surtout novembre 2015. Pourquoi pas envisager novembre 2016 et mettre des sous de côté? C'était au mois de mars. 

"Tiens, ça te ressemble"


J'ai beau être une rêveuse, j'ai horreur de me renseigner dans le vide. Je suis donc partie à la chasse aux infos sur le Web. Dans un article sur ce marathon, j'ai lu l'interview d'un Suisse. Ni une ni deux, je l'ai recherché sur Facebook et lui ai envoyé un message, le bombardant de questions. Avec beaucoup de gentillesse, Olivier m'a proposé de nous voir.

Non seulement ce marathonien m'a offert son temps, mais aussi son ressenti et ses conseils. "Courir sur le sable, c'est comme dans la neige!" Il m'a rassurée: beaucoup de ravitaillements en eau. Non, la dénivelée n'est pas surhumaine, Les montées sont plutôt des faux-plats montants avec des petits replats. Oui, il y a une ligne droite un peu déprimante, mais en même temps t'es dans le désert et le terrain ondule... Quoi, Sierre-Zinal? Non, la course des cinq 4000 est beaucoup plus dure! La seule condition, c'est que, vu le petit nombre de participants, faut aimer courir seul-e.

Je suis ressortie de cette discussion avec des étoiles plein les yeux et une envie décuplée. Si j'arrivais à caler avec le boulot, j'y allais. Courir mon 1er marathon dans le désert, pour mes 40 ans. Une aventure que j'ai envisagée dès le début en solitaire: partir seule, puis courir seule dans le désert.

Restait à en parler à l'Homme. Il me regarde. Sourit et me dit: "Tiens, ça te ressemble bien de faire un truc comme ça." Je suis restée interdite, puis on a éclaté de rire.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Pour en finir avec le dépassement de soi

Apprendre (aussi) de mes blessures

Une Escargote à Genève: un 7e marathon qui fait mal aux pattes