CR Traîne-Savates 2015: 10 km et quelques de bonheur

Les courses de 10 km, c'est trop court et ça va trop vite pour le diesel que je suis. Donc d'habitude, j'ai horreur de ça. Eh bien je viens d'en faire une qui m'a fait changer d'avis! C'est la très jolie course des Traîne-Savates à Cheseaux (canton de Vaud, Suisse), entre champs et forêts, qui fait en réalité environ 10,3 km. Peut-être que j'aime cette course parce que j'ai l'impression de connaître toute la liste de départ :-D. La plupart sont des coureurs régionaux qui viennent se tester avant les 20 km de Lausanne ou simplement profiter de ce rendez-vous à la fois beau et sympathique.

Question préparation, ma semaine a été professionnellement chargée. J'ai fait deux courtes sorties, dont du fractionné court (10x40''-30'') le jeudi soir pour me rendre les jambes, et une sortie à vélo en endurance le mercredi. Je me réveille le samedi avec une irrépressible envie de courir, mais d'abord il y a les courses et la lessive, un problème informatique à régler... Le départ a lieu dans l'après-midi.

A Cheseaux, les nuages commencent à laisser la place au soleil en cet après-midi d'avril, mais il souffle un vent pas possible. J'ai choisi d'y aller en jupette et débardeur, sachant que je cuis littéralement sur un effort explosif et que la dernière fois, à Cheseaux, j'ai souffert de la chaleur. Les copains et les copines saluent l'élégance de la tenue (une fois n'est pas coutume) mais me prédisent tous que je vais geler.

A l'échauffement, je constate que j'ai bien choisi ma tenue car j'ai déjà chaud. Je m'approche de mon bloc "C - moins de 58 minutes" sur "Alors on danse" de Stromae que diffusent les hauts parleurs. J'ai une monstre pêche et Stromae, le soleil, tout contribue à me faire dire que ça va être bien. Je n'ai pas d'objectif chrono à proprement parler. J'ai envie de me tester, en plein entraînement marathon, sur quelque chose de plus explosif. Mon but est de faire monter les pulses et de les maintenir haut (ce que j'ai du mal à faire). De jouer avec le terrain un peu vallonné et de me faire plaisir.

C'est trop chouette, la forêt

Le départ est donné. Le serpent multicolore des coureurs est superbe à voir. Il y a du monde mais on ne se marche pas dessus, c'est très fluide. Je trouve mon rythme instantanément. Tout est facile. Je me refuse à accélérer (crainte idiote de me mettre dans le rouge, comme si je n'étais pas là pour ça!), sauf dans les descentes où je joue à me propulser comme un boulet (je pourrais même aller plus vite, ce que je ferai la prochaine fois). Je ne regarde pas ma montre, pas besoin, tellement ça va tout seul et que mes jambes ne demandent qu'à dérouler. Juste une fois pour vérifier que je ne suis pas sous 10km/h. Ma montre m'indique 11,5 km/h et je suis parfaitement bien, je me dis qu'il faudrait que je voie ce que ça donne comme vitesse cible sur un semi-marathon.

A l'entrée de la forêt, Michel qui ne peut pas courir est là avec son vélo et nous encourage. Le parcours est magnifique, j'avais oublié à quel point c'est beau par ici. Le vent a séché les chemins qui sont secs et simplement agréables. Il n'y a qu'à dérouler, mes jambes ne demandent que ça. Apesanteur, plaisir primitif de courir en forêt. Je passe le 5e kil en 26'37'' et ça me fait rire. Je sais qu'il y a encore des montées et qu'on risque de se prendre le vent de face en sortant de la forêt. Je me refuse donc à faire un pronostic.

Au ravitaillement, je marche quelques pas en buvant, et c'est reparti pour jouer sur les faux-plats et les toutes petites côtes. Et vlan! Il est au rendez-vous, à la sortie de la forêt, le vent. De face. Je dois mettre ma casquette à l'envers et je résiste tant bien que mal. "ça doit être ce qu'on appelle 'courir en résistance'", je me dis en rigolant.

Va falloir que j'apprenne à courir un 10km

Entre le 8e et le 9e km, je réalise que oups, c'est déjà bientôt fini... Et je constate aussi que je manque un peu de sucre. Je n'ai pas vraiment fait gaffe à mon alimentation avant de partir en pensant que "c'est juste 10 km" et, bref, heureusement que j'ai un sucre de raisin sur moi (c'est le sucre de raisin "de secours" qui finit souvent... dissout dans la machine à laver). Après 9 ans de course, on n'est pas à l'abri d'une erreur de débutante. Je marche trois pas en suçant mon sucre (celui-là ne finira donc pas dans la machine à laver) et je repars, d'abord doucement, puis ça va de mieux en mieux pour me permettre de finir en sprintant.

Arrivée en moins de 55 minutes, ce qui est une première pour moi sur un 10 km et quelques. Je sens que j'en ai encore beaucoup sous le pied et que je n'ai de loin pas tout donné. Hilare, je débriefe de la course avec des copains du club (tout le monde a souffert du vent) et je confesse "en fait, je ne sais pas courir un 10 kil". Celui-ci a été magnifique et m'a fait reprendre goût aux courses courtes... A condition qu'elles se passent dans la nature et soient un chouïa vallonnées!


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Pour en finir avec le dépassement de soi

Courir, oui... et gainer, pédaler..

Une Escargote à Genève: un 7e marathon qui fait mal aux pattes