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En randonnée sur un trail (reconnaissance en 3 jours de la Traversée La Fouly - Verbier du Trail VSB)

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En montagne, je n'ai jamais "couru" plus de 31 km (c'est plutôt de la rando course, à mon niveau). Et voilà qu'en juillet 2016, je vise la Traversée du Trail Verbier - Saint-Bernard: 61 km, 4000 m de dénivelée. Pour moi, c'est costaud, très costaud. Je n'épiloguerai pas sur les raisons qui m'ont poussée à m'inscrire et à tenter cette première: le goût du défi sûrement, la curiosité de voir ce que ça fait de s'aligner sur un truc pareil et... le fait que j'aime infiniment cette région. Pour aller voir le parcours de plus près, pour mieux me projeter dedans mais aussi pour mieux évaluer les difficultés, j'ai fait une reconnaissance en trois jours cet été, en mode randonnée. C'est triché: toute la neige avait fondu. Jour 1 La Fouly - Bourg-St-Pierre Curieusement, c'est le premier jour que j'ai eu le plus de doutes, et sur un parcours que je connaissais déjà. Le point faible de mon mental, c'est le début, les premiers ...

Lettre à une coureuse

Chère coureuse, Nous nous sommes croisées sur une course récemment et j'aimerais te redire le respect, l'admiration que j'ai pour toi. C'était une course caritative, en boucles. En tout, le parcours faisait 10 km. Tu courais à côté d'un gars qui avait, accroché à son sac à dos, un balai. Tu étais magnifique car tu donnais tout. On te voyait presque à bout de force, rouge, haletante et les traits marqués. Pourtant tu t'accrochais, tu y allais, un pas après l'autre, soutenant le rythme, de toute ta volonté. Les écouteurs vissés aux oreilles, tendue vers l'effort. Les as-tu seulement entendus, nos encouragements? Tu l'as fait, ce 10 km. Tu as franchi la ligne d'arrivée. Oui, tu étais la dernière. Et alors? Tu as eu le courage de t'inscrire à une course, probablement ta première, car ta foulée menue,  ta manière de bouger et tes amples vêtements dissimulant tes rondeurs m'ont fait déduire que tu étais débutante. Tu as eu le c...

Un "Jouissant trail" qui trompe énormément - CR du petit parcours Eiger Trail, 18.07.2015

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 A la demande générale (et d'Etienne en particulier), un petit souvenir de l'été! Trois semaines après avoir perdu zéro à un contre un caillou et avoir gardé en souvenir une entorse à la cheville... j'avais le petit parcours de l'Eiger Trail à mon programme. J'avais tellement aimé cette course en 2014 que j'avais décidé d'y retourner, juste pour le plaisir et en mode "sortie longue". Les organisateurs alémaniques ayant cru bon d'intituler cette course de 16 km (qui en fait 18 en réalité, mais c'est une autre histoire) le "Jouissant Trail", cela a beaucoup inspiré mes amies dans la rubrique "gags désopilants" et autres gaudrioles durant les mois qui ont précédé la course. Je me demande même si ce n'est pas le nom qui a poussé certaines d'entre elles à s'inscrire! Toujours est-il que la veille, ça ne s'annonce ni jouissif, ni jouissant. La canicule a fait doubler ma cheville de volume et ça fait ficht...

Retour en ville

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Ça y est, je suis de retour en ville. A moi les entraînements urbains et périurbains. Sauf que. J'ai un mal fou à retrouver le bitume. C'est facile... mais qu'est-ce que c'est dur! Y a des montées, des descentes... mais. Où sont passés les ravitos de framboises, myrtilles, fraises des bois et champignons? Où est passé le grand silence humide, frais et ouaté du brouillard, permettant de surprendre un chevreuil? Où est passé ce chamois qui me regardait descendre d'un air attentif et un poil inquiet? Et ces marmottes jouant sous la pluie? Et le majestueux éperviers? Où sont ces abruptes pentes de terre et de cailloux, là où les arbres ne poussent plus? Et ces sentiers qui courent le long des coteaux herbeux?  Au fond de moi. Toutes ces merveilles sont en moi. Plus je goûte à la montagne et moins je peux me passer d'elle. Bonne rentrée! Et vive la course à pied.

Abandonner

Il a fallu que plusieurs de mes amis et connaissances abandonnent sur des courses pour que je décide de me confronter à mon abandon sur un semi marathon de montagne en juin dernier, sur blessure. Des experts te diront "oui mais l'abandon sur blessure c'est moins dur car c'est inéluctable." Ben c'est pas si simple que ça. Au moment où le ligament de ma cheville a fait crac, je me suis quand même dit, une fraction de seconde: "allez, il reste 6 kil. Sur la douleur tu peux le faire." Puis j'ai CHOISI consciemment de ne pas abîmer mon articulation davantage. J'aurais pu choisir d'aller au bout coûte que coûte. Qu'est-ce que ça m'aurait apporté? Un tshirt de finisher? Au prix de quelle souffrance? Bien sûr que je me félicite de ma décision. L'entorse se remet bien et j'ai sauvé mon été. N'empêche: abandonner n'est pas facile et ça suppose ensuite de "digérer" tout ça. Sur le moment, j'...

L'aventure à la porte de chez soi

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Ce soir-là de fin des semaine, je devais partir passer la nuit en montagne,  me levant (très) tôt le lendemain pour aller encourager  une copine sur un trail. Bon, mais comment y aller? Voiture, au risque de devoir revenir sur mes pas pour la rechercher (la voiture qui accourt quand on la siffle n'ayant pas encore été commercialisée)? Transports publics (existants,  mais rares)?  Et... soudain surgit l'idée toute simple, grain de folie après une semaine chargée: si je montais à pieds?! Aussitôt pensé,  aussitôt fait, frontale dans le sac. J'ai profité des couleurs du soir, aperçu des bêtes,  respiré les parfums des prés et des forêts... Quelques heures plus tard, le fardeau de la semaine était envolé.

Les traileurs, ces drôles de bêtes

La presse spécialisée dans la montagne de mon pays (la Suisse), semble avoir découvert l'existence d'une nouvelle tribu: les traileurs. Bien sûr, celles et ceux qui crapahutent dans les montagnes savent que le trail n'est pas nouveau. L'engouement pour ce sport l'est peut-être davantage... Mais l'essentiel n'est pas là. Comme beaucoup de gens qui aiment la montagne, je fais partie du Club alpin. Férue de randonnée, je pousse le vice jusqu'à être membre de Suisse Rando aussi (et ses célèbres panneaux jaunes). On peut me rencontrer en montagne, encombrée d'un lourd sac à dos, sanglée dans un harnais avec plein de quincaillerie qui fait "schgling schgling", encordée, chaussée de crampons, montant avec lenteur, prudence (et souvent difficulté) un névé gelé, en plantant le manche de mon piolet. Vous pourrez croiser la même personne, un peu plus bas dans la montagne, avec toujours le même sac à dos, mais sans crampons ni piolets, et si vous r...