Les 10 miles les plus beaux du monde? Peut-être bien que oui!


Pas gonflé, le Grand Prix de Berne. Son slogan? "Die schönsten 10 Meilen der Welt" - "Les 10 miles les plus beaux du monde". Rien que ça. Forcément, ça donne envie d'aller voir!

Et de l'envie, il fallait en avoir pour aller Berne, samedi 18 mai dernier. Après une semaine de pluie quasi ininterrompue, nous étions nombreux à nous demander si nous allions retrouver les conditions météo des 20 km de Lausanne fin avril: de la pluie, du vent et du froid.


(c) Rolf Arni


J'étais d'ailleurs si sûre de courir par un temps pourri que je n'ai même pas mis de t-shirt à manches courtes dans mon sac, c'est dire l'esprit positif avec lequel je me rendais dans la capitale fédérale! Et puis, peu avant de partir, un coup d'oeil aux prévisions météo locales me stupéfie: pas la moindre pluie annoncée. Cela ne s'annonce peut-être pas si mal...

Soleil radieux

Nous arrivons à Berne sous un soleil radieux. Quelle bonne surprise! La température est si clémente qu'après le retrait de mon dossard, j'investis... dans un t-shirt à manches courtes (note pour plus tard: ne jamais partir sans!). Nous nous changeons et nous attendons le départ de la course en papotant au soleil, c'est magnifique.

Le Grand Prix de Berne est la course la plus "populaire" de Suisse: la participation frôle les 30'000 coureurs sur les différentes distances proposées. La distance reine, ce sont les 10 miles, soit 16,093 km, dont le départ est donné à 16h00 pour le premier bloc.

(c) Rolf Arni
 
 
Une légende

 Cette année, la star incontestée, c'est Hailé Gebrselassié. L'Ethiopien, recordman du marathon entre 2007 et 2011, va d'ailleurs remporter l'épreuve en 47'36... Pas mal, pour un quarantenaire! Quant à moi, mes objectifs sont plus modestes: en fait, cette course, je viens la faire un peu en touriste, comme la sortie longue du week-end.

Pour tout dire: c'est la première fois que je prends le départ de cette course, je n'ai pas regardé le parcours, je n'ai pas couru la semaine avant et j'ai aligné les heures de travail et les repas copieux. La veille, d'ailleurs, c'était repas gastronomique...


Des blocs à perte de vue

L'heure du départ approche et je pars m'échauffer tranquillement. Les premiers sont partis. L'aire de départ, près du stade de Suisse, est impressionnante. Plus de 20 blocs se remplissent de coureurs et de coureuses, à la queue-leu-leu. Waow, ça fait du monde!

Le départ se fait sous deux portiques: il faut choisir si l'on prend celui de droite ou celui de gauche. J'apprendrai à mes dépens qu'en passant sous celui de gauche, il faut bien vite se rabattre sur la droite car la chaussée devient bidirectionnelle: à droite les coureurs qui viennent de partir, et qui descendent. A gauche, ceux qui montent et sont en train d'arriver.

(c) Rolf Arni
Justement, voici... Hailé Gebrselassié qui arrive! La foule de spectateurs massée de part et d'autre de la rue hurle, brandit des pancartes, applaudit... et nous autres, coureurs populaires, on fait de même: on applaudit et on encourage très fort le grand athlète, de même que les femmes et les hommes qui arrivent dans son sillage. Quel autre sport permet de vivre cela, de se mélanger dans une même épreuve, populaires et élites parmi les élites?

Le Tour de France

Au bas de la descente, je déboule dans la Vieille ville de Berne. Le spectacle est magnifique, de ces grandes maisons de pierre, géraniums aux fenêtres, drapeaux au vent... Et sur les pavés, une foule enthousiaste qui me fait, l'espace d'un instant, me prendre pour un coureur du Tour de France tant la ferveur populaire est impressionnante.

Oui, le paysage urbain est splendide et, à part quelques centaines de mètres dans un quartier moderne sans grande âme, la course est de toute beauté. Ruelles pavées de la vieille ville, promenade le long de l'Aare, passage dans la forêt du Dälhölzli, Place fédérale, retour dans la Vieille ville, j'en passe et j'en oublie. Et ça descend, ça remonte, ça part au plat, ça tourne...

(c) Rolf Arni


Mes aïeux quel parcours superbe! C'est sans conteste une des plus belle course qu'il soit donné de faire en ville. Et tant pis si je crève de chaud. Les ravitaillements sont nombreux et quelques tuyaux d'arrosage viennent apporter un rafraîchissement bienvenu. Quant à moi, touriste jusqu'au bout, il m'arrive de ralentir pour mieux regarder le paysage.

Je finis en 1h31 et quelques, ravie. Pour une course de touriste et dans ma catégorie, c'est même une bonne surprise. Et pour couronner une organisation impeccable, il y a des douches chaudes! Chapeau aux organisateurs, aux bénévoles et au public. C'est sûr, je reviendrai.


Merci au photographe Rolf Arni htts://www.facebook.com/fotoarni de m'avoir permis d'ajouter à mon récit quelques-unes de ses superbes prises

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